Le pape François est arrivé au Canada pour un „pèlerinage pénitentiel” — Genève Vision, un nouveau point de vue

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Il se rendra également à Québec et Iqaluit, la capitale du territoire du Nunavut, ville du grand Nord canadien dans l’archipel arctique, avant de repartir vendredi.

Le pape François accueilli au Canada par un groupe de leaders autochtones. [AP Photo/Eric Gay – Keystone].

Avant son départ de Rome, le pape a adressé sur Twitter un message à ses « chers frères et soeurs du Canada ». « Je viens parmi vous pour rencontrer les peuples autochtones. J’espère que, avec la grâce de Dieu, mon pèlerinage pénitentiel pourra contribuer au chemin de réconciliation déjà entrepris. S’il vous plaît, accompagnez-moi par la prière », a-t-il écrit.

Un voyage avant tout pour les autochtones

Dans l’avion, il a de nouveau insisté devant les journalistes sur l’aspect pénitentiel de son voyage, avant tout consacré aux autochtones, peuples amérindiens ancestraux représentant aujourd’hui 5% de la population du Canada et qui forment trois groupes: les Premières nations, les Métis et les Inuits.

Ces derniers ont été soumis pendant des décennies à une politique d’assimilation forcée, notamment au travers d’un système de pensionnats pour enfants, subventionnés par l’Etat mais administrés en grande majorité par l’Eglise catholique.

Entre la fin du XIXe siècle et les années 1990, quelque 150’000 enfants autochtones ont été enrôlés de force dans plus de 130 de ces institutions. Ils y ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture, et ont souvent été victimes de violences. Jusqu’à 6000 enfants y ont laissé la vie.

Revoir la vidéo sur un ancien pensionnat canadien:

Dans un ancien pensionnat canadien, des étudiants autochtones redécouvrent leur langue

Petit à petit, le Canada ouvre les yeux sur ce passé qualifié de « génocide culturel » par une commission d’enquête nationale: la découverte de plus de 1300 sépultures anonymes en 2021 près de ces pensionnats a créé une onde de choc.

« Ce voyage historique est une part importante du parcours de guérison » mais « beaucoup reste à faire », a affirmé jeudi George Arcand Jr, grand chef de la Confédération des Premières Nations du Traité n.6, lors d’une conférence de presse à Edmonton.

Le jésuite argentin, qui s’est excusé au Vatican en avril dernier devant une délégation d’autochtones canadiens, pourrait également effectuer des gestes symboliques, en rapportant par exemple des objets d’art autochtones conservés au Vatican depuis des décennies.

Voir l’nterview dans Forum de Gilles Routhier, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses à l’Université de Laval, au Québec

La ville d’Edmonton, vers laquelle convergeait dimanche de nombreux survivants des pensionnats, s’est préparé à accueillir le souverain pontife, qui a dû utiliser une plate-forme élévatrice pour embarquer en fauteuil roulant dans son avion. Avec plus de dix heures de vol, il s’agit du voyage le plus long depuis 2019 pour le pontife argentin.

afp/vkiss

Une messe devant 65’000 personnes

Après une journée de repos dimanche, François doit rencontrer une première fois des membres de peuples autochtones lundi matin à Maskwacis, à une centaine de kilomètres au sud d’Edmonton, où jusqu’à 15’000 personnes sont attendues. L’Alberta est la province qui comptait le plus grand nombre de pensionnats.

Lundi après-midi, le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques doit prononcer un deuxième discours en l’église du Sacré-Coeur des Premiers Peuples d’Edmonton. Mardi, il doit célébrer une messe dans un stade d’Edmonton où 65’000 personnes sont attendues, avant de se rendre au lac Sainte-Anne, site d’un important pèlerinage annuel.

Au total, François doit prononcer quatre discours et quatre homélies, tout en espagnol. Il est le second pape à visiter le Canada, après Jean Paul II.